Syrène Auteurs

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Joined: 18 Sep 2007 Posts: 45
Localisation: Un jour sur le Black Pearl, le lendemain sur le Hollandais Volant Sexe:  Couple préféré: Will / Elisabeth
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Posted: Fri 9 May - 20:32 Post subject: Une telle évidence |
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Je viens de me rendre compte que je n'avais jamais posté celle-ci ici.
Voilà qui est chose faite !
UNE TELLE EVIDENCE
J’allais me mouvant dans l’ombre
Le soleil fuyait mon visage
Les jours coulaient sans encombre
C’était mon destin, mon image
Mon destin… J’ai envie de dire aujourd’hui : tu étais mon destin. Je regarde mon fils dormir, paisible, un doigt dans la bouche, et je me souviens. Je n’avais pas vingt ans et ma vie me paraissait terminée avant même d’avoir commencé tant elle semblait toute tracée. A cette époque, je ne faisais aucun projet d’avenir : il me semblait que je pouvais savoir à quoi exactement ressemblerait chacune des journées de mon existence future. J’évoluais dans la haute société de Port-Royal, allant de fêtes en cérémonies, jouant de l’éventail, me laissant courtiser à l’occasion, tout en sachant très bien qu’il n’y aurait aucun lendemain à ces histoires. Je m’en rends compte aujourd’hui, je m’ennuyais.
Bien sûr, je pensais à toi. Depuis l’instant où nous nous sommes rencontrés, il ne s’est pas passé un seul jour sans que je pense à toi. Parfois, je me surprenais à rêver que nous courions ensemble sur la grève, pieds nus et les cheveux au vent. Que nous grimpions ensemble dans les rochers, que nous nous promenions seuls sans chaperon. Mais je ne croyais pas que cela puisse réellement se produire, c’était un peu comme quand on imagine qu’on a le pouvoir de voler : c’est grisant mais irréel.
J’allais épouser le commodore Norrington et mener la vie qui convenait à mon rang. Je n’avais pas de doute là-dessus. Même si James ne m’avait pas encore demandé ma main, je savais depuis longtemps qu’il le ferait. Et je savais que j’accepterais, car c’était ce que l’on attendait de moi. Et puis James était un homme bien, j’avais de l’estime et même de l’affection pour lui. Tout cela paraissait si évident, si inéluctable, qu’il ne m’était jamais venu à l’esprit de me demander si ça me plaisait. Ce que je pouvais être gourde, quand j’y repense ! Bref, j’avais une perspective de vie pareille à l’image de moi-même que je renvoyais au monde.
Mais la lumière est là
Quel mystère autour de moi
C’est ton envoûtement
Si tu n’étais pas là
On ne me verrait même pas
C’est magique, c’est troublant
Libre grâce à toi
Toutes mes craintes volent en éclats.
C’est indirectement à Jack que je dois la révélation qui m’a permis d’être enfin moi-même. Rien que sa venue à Port-Royal a entraîné tous ces événements qui ont irrémédiablement brisé le cours de nos vies trop sages (trop sages et sans grande saveur, il faut bien le dire). Mais te souviens-tu ? Après l’île de la Muerta, lorsqu’il a failli être pendu. Moi, j’étais là sans rien faire, une vraie potiche. J’ai honte quand j’y pense. Et pourtant, j’avais essayé ! Comme je l’ai fait pour toi, j’avais tenté de plaider sa cause auprès de mon père et de James, mais en vain : tous deux m’avaient bien fait comprendre que s’ils acceptaient de fermer les yeux pour mon ami d’enfance, ils ne feraient rien de tel pour le pirate Jack Sparrow ! J’avais le cœur lourd ce jour-là mais encore une fois, je donnais de moi-même l’image que l’on attendait de la fille du gouverneur.
Will, te souviens-tu ? C’est ce jour là que pour la première fois tu m’as déclaré ton amour. Ces mots que j’avais tant espérés sur l’île, puis que je m’étais reproché d’avoir attendus, enfin tu les as prononcés ! Et tu l’as fait en public, personne ne pouvait plus ignorer tes sentiments à mon égard après cela ! Ensuite, sans souci des risques, tu t’es précipité au secours de Jack. Moi, j’ai tremblé pour toi ! C’est vrai, nous lui devions bien cela ; naturellement, je ne voulais pas sa mort ; mais je voulais encore moins la tienne ! Et tout à coup, tout s’est mis en place. J’ai vu enfin, avec netteté, ce que je savais au fond de moi depuis toujours, même si jamais je n’avais osé l’admettre. J’ai compris que ma vie, sans toi, serait vide de sens. Je me suis vue moi-même un moment plus tôt : une potiche ! Une jeune fille comme toutes les autres, absolument semblable à toutes les jeunes filles de la bonne société, des pions interchangeables. J’ai su alors ce que je voulais. J’ai su que je voulais vivre ma vie et non pas la laisser seulement passer, comme je l’avais toujours fait jusque là. Soudain, tout était différent. Tout était incroyablement facile, tout à coup. Facile de m’interposer entre toi et les soldats. Facile de faire connaître à mon tour mes sentiments et de rompre mes fiançailles avec James au vu et au su de tout le monde. Facile de faire comprendre à mon père que j’avais choisi ma voie et que plus rien ne m’en ferait dévier.
Libre, enfin !
Le monde s’est ouvert à nous à cet instant et, à partir de là, plus rien n’a jamais été comme avant.
J’ai vu un monde enchanté
Esprit et charme dans l’air
J’ai toujours imaginé
Que j’y étais solitaire
Durant toute mon enfance, j’ai rêvé de pirates. Mais dans mes rêves, ils étaient bien différents de tous ceux que j’ai rencontré dans la réalité, je t’assure ! J’en étais venue à me dire que tout cela n’était qu’enfantillage de ma part quand j’ai compris, au fil de toutes nos aventures, que tu incarnais à la perfection l’idéal que je m’étais forgé autrefois. Mais faut-il s’en étonner ? Le fait est que je t’ai toujours aimé, aussi est-il finalement assez logique que tu aies toujours occupé mes rêves.
Ce pouvoir merveilleux
S’est révélé à mes yeux
Par ton envoûtement
De moi tu te joues
Et mon âme te suit partout
Car tous tes sortilèges
Se tiennent et se protègent
Tous tes rêves les plus fous
Et moi, moi j’y crois
C’est extraordinaire de respirer du même souffle que celui que l’on aime, de sentir son cœur vibrer à l’unisson avec le sien, de savoir que quoi qu’il arrive nos sentiments ne changeront jamais. Grâce à cela, j’attends ton retour avec une certaine sérénité.
C’est vrai, tu es loin de moi et pour longtemps encore, pourtant, tu as toujours été si présent dans chacune de mes pensées que rien n’a réellement changé. Je me sens plus proche de toi aujourd’hui que je ne l’ai jamais été. Nous avons déjà partagé et affronté tant de choses, toi et moi, que j’ai parfois le sentiment qu’une part de moi-même est toujours présente en toi et inversement. J’aime cette idée. J’aime penser que tu ne m’as pas totalement quittée et qu’une petite part de moi-même navigue avec toi sur le Hollandais Volant, à la frontière des mondes. Et pourquoi non ? Pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Lorsque le côté le plus pragmatique de ma personnalité trouve à objecter quelque chose, je me souviens de ce que m’a dit Barbossa, un jour : « Commencez à croire à ces histoires, vous en vivez une ».
C’est la pleine lune ce soir
J’y lirai ton envoûtement
Qui me laisse alanguie
Et sans défense comme l’enfant
J’ai brisé toutes les chaînes
Seulement l’infini
Est lourd comme l’océan
Je deviens enfin moi-même
Je deviens moi-même
Notre fils dort près de moi, la nuit a envahi la pièce, un rayon de lune tombe sur son visage et moi, à travers lui c’est encore toi que je vois. Je repense à nos baisers, à nos étreintes, je me souviens de ces quelques heures magiques qui nous ont été données avant ton départ, d’autant plus précieuses que nous savions combien le temps nous était compté. Révélés l’un à l’autre, l’un par l’autre, notre complémentarité est désormais totale, trop absolue pour se laisser entamer par le temps et la distance. Nous nous sommes mutuellement choisis, voilà la pensée que je garde à l’esprit, et choisir, c’est être libre.
Assumer ses choix, c’est se montrer fort.
Alors, soyons ce que nous sommes, soyons forts, soyons fous ! Brisons toutes les entraves, lâchons la bride à nos rêves, laissons courir sur l’immense océan nos pensées les plus folles afin qu’elles puissent se rejoindre et, comme dans cette chanson que j’aimais tant étant enfant : « Trinquons, mes jolis, yo ho ! »
Fin
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